Salut à toi

Salut à toi.

Salut à toi qui est parti sans un salut.
Salut à toi et ton humour. Salut à toi et ton caractère.
Salut à toi et tes rêves. Salut à toi et ton grand cœur.
Salut à toi à qui je ressemble tant.
Salut à toi qui me manque tant.

Dix ans, déjà. Dix ans que tu m’as fait ta blague la moins drôle.
Dix ans que tu as vraiment débranché ton cerveau.
Dix ans que je n’ai qu’une poignée de cassettes moisies pour te voir et entendre des morceaux de phrases.

Je voudrais te laisser partir. Mais tu es encore là. C’est comme ça. Je me suis construit avec tes bouts de toi en moi, comme avec tous mes pères.

Alors je penserai toujours à toi en posant mes doigts sur un boîtier Nikon, en utilisant un Mac, en pestant contre le milieu de la pub’, en entendant parler de Lara Croft, en cuisinant un curry, en regardant mon père, en écoutant mille musiques, celles que tu m’as fait connaître et celles que tu aimerais.

Je penserai à toi à chaque fois que je me verrai te ressembler.

Je regretterai de ne t’avoir pas connu plus longtemps, plus tard, différemment, maintenant que je suis plus vieux, moins con. Je regretterai de t’avoir laissé abîmer ta vie, gâcher tes rêves.

Je ne peux pas rester assis au bord de ma vie à pleurer, alors j’avance en faisant comme si tu marchais près de moi.

Salut à toi mon oncle.

PS : comme un signe, mon iPod en mode aléatoire me sert à nouveau Rejoice, tandis que je relis ce billet.

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Une réflexion sur « Salut à toi »

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