Mes lectures

Depuis quelques années, je tiens une liste des livres que je lis. Ça me permet de retrouver des noms, de partager, quand la mémoire fait défaut. J’aime parfois la parcourir, elle me fait voyager, retrouver des sensations. Ne s’y trouvent pas les nombreuses lectures de type articles de recherche ou les ouvrages très liés à mes pratiques professionnelles.

Il y a là des lectures que j’ai particulièrement aimées, d’autres moins. Je ne crois pas qu’il y en ait que j’ai vraiment détestées. J’ai ajouté un petit pour signaler ceux qui ont été un gros coup de cœur. Il y en a que j’ai vraiment aimé et qui n’ont pas cette distinction simplement car je voulais souligner ceux qui ont particulièrement résonné, ou m’ont le plus remué.

Août 2018

  • Mon traître – Sorj Chalandon
  • Des châteaux qui brûlent – Arno Bertina
  • L’homme de ma vie – Yann Queffélec
  • Soyez imprudents les enfants – Véronique Ovaldé
  • Très haute tension – Lionet Daudet

Juillet 2018

  • Faire mouche – Vincent Almendros
  • Défense du secret – Anne Dufourmentelle
  • Une très légère oscillation – Sylvain Tesson
  • Passage des ombres – Arnaldur Indridason
  • La femme de l’ombre – Arnaldur Indridason
  • Dans l’ombre – Arnaldur Indridason

Juin 2018

  • Chanson de la ville silencieuse – Olivier Adam
  • La déposition – Pascale Robert-Diard
  • En cas d’amour – Anne Dufourmentelle

Mai 2018

  • Le goût du large – Nicolas Delesalle
  • Passion simple – Annie Erneaux
  • Puissance de la douceur – Anne Dufourmentelle
  • La science de l’illusion – Luc Langevin
  • My absolute darling – Gabriel Tallent

Avril 2018

  • L’été circulaire – Marion Brunet

Mars 2018

  • La renverse – Olivier Adam
  • La daronne – Hannelore Cayre
  • La femme secrète – Anna Ekberg
  • Les garçons de l’été – Rébecca Lighieri

Février 2018

  • Les rêveurs – Isabelle Carré
  • La petite femelle – Philippe Jaenada

Janvier 2018

  • Le jour d’avant – Sorj Chalandon
  • Les loyautés – Delphine de Vigan
  • Les années – Annie Erneaux

Décembre 2017

  • Profession du Père – Sorj Chalandon
  • American Darling – Russel Banks

Octobre 2017

  • La reine des lectrices – Alan Bennett
  • Emmaüs – Alessandro Baricco

Septembre 2017

  • Homère, Iliade – Alessandro Baricco
  • Trois fois dès l’aube – Alessandro Baricco
  • Mr Gwyn – Alessandro Baricco
  • Entre eux – Richard Ford
  • Rapport sur moi – Grégoire Bouillier

Août 2017

  • Désorientale – Négar Djavadi
  • Les locataires de l’été – Charles Simmons
  • Pour la peau – Emmanuelle Richard
  • De beaux lendemains – Russel Banks
  • Le Quatrième Mur – Sorj Chalandon
  • The Whites – Richard Price

Juillet 2017

  • Bonheur fantôme – Anne Percin
  • Comment réussir à travailler avec presque tout le monde – Lucy Gill
  • L’art de poser des questions efficaces

Mai 2017

  • Assez de bleu dans le ciel – Maggie O’Farrell
  • Faites vous-même votre malheur – Paul Watzlawick
  • Why we do what we do – Edward L. Deci

Avril 2017

  • Aider – Edgar Schein
  • La Sagesse des foules – James Surowiecki
  • L’adulte surdoué à la conquête du bonheur – Monique de Kermadec

Mars 2017

  • Le vide et le plein – Nicolas Bouvier
  • Chronique japonaise – Nicolas Bouvier

Février 2017

  • Sur les chemins noirs – Sylvain Tesson

Décembre 2016

  • Les intéressants – Meg Wolitzer
  • Numéro 11 – Jonathan Coe

Novembre 2016

  • Famille modèle – Eric Puchner

Octobre 2016

  • Peine perdue – Olivier Adam

Août 2016

  • Berezina – Sylvain Tesson
  • L’usage du monde – Nicolas Bouvier
  • L’enfant aux cailloux – Sophie Loubière
  • La Jeune épouse – Alessandro Baricco

Février 2016

  • Neige – Maxence Fermine
  • Comment tout a commencé – Pete Fromm

Septembre 2015

  • Réparer les vivants – Maylis de Kerangal

Août 2015

  • Un agent sort de l’ombre – Pierre Martinet

Mai 2015

  • Un océan de pavots – Amitav Ghosh

Mars 2015

  • Un parfum d’herbe coupée – Nicolas Delesalle

Novembre 2014

  • L’âge de la multitude – Henri Verdier

Octobre 2014

  • Manager dans un monde sans visibilité – Corinne Samama

Juillet 2014

  • Les lisières – Olivier Adam

Juin 2014

  • Le Maître des illusions – Donna Tartt
  • Marie-Blanche – Jim Fergus

Mai 2014

  • Mille femmes blanches – Jim Fergus

Avril 2014

  • Aïe mes ailleux – Anne Ancelin

Février 2014

  • La mémoire est une chienne indocile – Elliot Perlman

Décembre 2013

  • Les jolis garçons – Delphine de Vigan
  • Homo erectus – Tonino Benacquista

Novembre 2013

  • La précocité dans tous ses états – Fabrice Bak

Septembre 2013

  • Limonov – Emmanuel Carrère

Août 2013

  • Si tu retiens les fautes – Andrea Bajani
  • Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués – Beatrice Milletre
  • Inside Steve’s brain – Leander Kahney
  • Passagère du silence – Fabienne Verdier

Juillet 2013

  • Little Bets – Peter Sims
  • Game of Thrones 5 partie 1/3 (13 – Le Bûcher d’un roi)

Juin 2013

  • L’Etranger – Albert Camus
  • Game of Thrones, tome 4

Avril 2013

  • Game of Thrones, tome 3

Février 2013

  • Le zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc – Eugen Herrigel

Janvier 2013

  • Game of Thrones, tome 2

Décembre 2012

  • Game of Thrones, tome 1

Octobre 2012

  • La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker

Août 2012

  • La liste de mes envies – Grégoire Delacourt
  • La nuit sera calme – Romain Gary

Juillet 2012

  • Le quai de Ouistreham – Florence Aubenas
  • Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire – Jonas Jonasson
  • Hunger Games (1,2 et 3) – Suzanne Collins

Juin 2012

  • Comment je suis devenu stupide – Martin Page

Mai 2012

  • La vie très privée de Mr Sim – Jonathan Coe
  • Soie – Alessandro Baricco

Mars 2012

  • 1Q84 tome 2 – Haruki Murakami

Février 2012

  • 1Q84 tome 1 – Haruki Murakami

Novembre 2011

  • Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson
  • Lignes de faille – Nancy Huston

Octobre 2011

  • Le Chagrin – Lionel Duroy

Septembre 2011

  • Rien ne s’oppose à la nuit – Delphine de Vigan

Aout 2011

  • Un peu plus loin sur la droite – Fred Vargas
  • On peut se dire au revoir plusieurs fois – David Servan-Schreiber
  • Un pied au paradis – Ron Rash
  • Le destin miraculeux d’Edgar Mint – Brady Udall
  • L’Homme qui voulait vivre sa vie – Douglas Kennedy

Juillet 2011

  • Sous les Vents de Neptune – Fred Vargas

Juin 2011

  • Mainstream – Frederic Martel

Mars 2011

  • Le testament caché – Sebastian Barry

Février 2011

  • Le clan des Otori (1,2,3) – Lian Hearn
  • Le philosophe nu – Alexandre Jollien

Janvier 2011

  • L’organisation pirate – Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne

Décembre 2010

  • Conduite en état de grossesse
  • Le culte de l’amateur – Patrice Flichy

Août 2010

  • Le touriste – Oleg Steinhauser
  • C’est ici que l’on se quitte – Jonathan Tropper
  • Écoute-moi – Margaret Mazzantini
  • Ambiguïtés – Elliot Perlman

Avril 2010

  • Chaos calme – Sandro Veronesi (abandonné)

Mars 2010

  • Trois Dollars – Elliot Perlman
  • Courir avec des ciseaux – Augusten Burroughs
  • Perte et Fracas – Jonathan Tropper

Fevrier 2010

  • Le mec de la tombe d’à côté – Katarina Mazetti
  • Les Eclaireurs – Antoine Bello

Janvier 2010

  • Les Falsificateurs – Antoine Bello
  • Éloge de la pièce manquante – Antoine Bello

Décembre 2009

  • Mille soleils splendides – Khaled Hosseini
  • Le livre de Joe – Jonathan Tropper
  • Les cerfs-volants de Kaboul – Khaled Hosseini
  • Malavita, encore – Tonino Benacquista

Novembre 2009

  • Tout peut arriver – Jonathan Tropper
  • Les heures souterraines – Delphine de Vigan
  • L’origine de la violence – Fabrice Humbert
  • Le sens de la famille – A. M. Homes
  • D’autres vies que la mienne – Emmannuel Carrere

Tranchées de vies – Ep. 1 : « Paris – Brest – Châlons-sur Marne : Jusqu’ici tout va bien »

Ce billet est le 1er épisode de la série « Tranchées de vie ». Je vous invite à en lire la présentation.

Châlons-sur-Marne, 24 juin 1914

Cher Parents

Je vous écrie deux mots pour vous donné de mes nouvelles qui sont très bonne mes manoeuvre ce sont très bien passé nous avons été mouillé un peu hier ; mais c’est la pratique qui nous tien je vous envoie la photo du cantonnement qui est bien réussi.
Je fini en vous embrassant tous bien fort

Alfred.


Quimper, le 24 juillet 1914

Ma chère petite Gette

Je suis arrivé ici ce matin à 8 1/2, très fatigué car je n’ai pas pu dormir de la nuit. Est-ce le wagon ? Est-ce la ligne ? Jamais de ma vie je n’ai été cahoté de la sorte. Mais ce n’est qu’une fatigue de manque de sommeil qui passera après 2 bonnes nuits. Aussi tu ne m’en voudras pas si je ne décris pas mes impressions avec des détails, ce sera pour la prochaine fois. Je te dirai simplement que l’impression de début tant à la maison qu’au pays est excellente, espérons que le 2e [?] ne fera pas mentir le 1er.
J’ai comme je m’y attendais trouvé un peu d’ouvrage mais ce n’est pas terrible.
Je ne t’en mets pas plus long car je tombe de sommeil.
Voici mon adresse.
M. Albert L, chez Monsieur Dabot, Café de l’Univers rue du Pont Firmin.
En attendant une bonne lettre de toi, reçue malgré la distance qui nous sépare, les meilleurs baisers de celui qui t’aime infiniment. Bons baisers aux 2 amoureux du même palier.
Ton petit mari qui t’aime.

Albert.


Quimper, le 28 juillet 1914

Ma chère petit Gette

Je suis très très inquiet de ne pas recevoir de tes nouvelles car suivant nos conversations tu devrais m’écrire aussitôt que tu aurais mon adresse pour me dire si tu es à Paris ou à Troyes. J’espère néanmoins qu’il ne t’es rien arrivé de fâcheux, car je pense bien que tu m’en aurais fait part sachant que je n’ai d’autre souci et d’autre but dans la vie que ma petite Gette !!
Je crois également qu’il y a un malentendu, toi attendant une plus longue lettre de moi et moi attendant de tes nouvelles. Aussi pour le dissiper je vais te raconter mes premiers jours ici et adresser ma lettre rue des Boulets avec mission de faire suivre.
Comme je te l’ai dit j’ai fait un voyage très dur, d’abord pas moyen de s’étendre, rien pour m’appuyer, et surtout cahoté, mais cahoté au point de glisser de la banquette. Je me suis même couché par terre sur des journaux. Bref j’arrive bien heureux de quitter ce sale wagon, et je me rends directement à la maison. Le patron étant en voyage c’est la patronne qui m’a reçu, d’une façon très charmante, espérons que sa manière d’être continuera.
Elle m’annonce que j’ai 4 complets à couper et à essayer le jour même, mais comme j’avais besoin de me changer, elle m’indique l’Hôtel de France.
Là, vu la saison de tourisme on me demande 150F par mois sans le petit déjeuner. J’en faisais un nez. Je prends toujours une chambre pour la journée comptant me débarbouiller le soir. Je me nettoie et vais travailler. A ce point de vue la journée s’est bien passé, et je crois avoir fait une bonne impression de début mais ce que j’étais content de trouver mon lit !!! A 7h un des vendeurs qui est garçon m’emmène à sa pension où pour 60F par mois j’ai une véritable nourriture de famille. Je bois de l’eau de Vichy (ma chère !!). Après souper, toujours en sa compagnie, je cherche une chambre et pour 25F j’ai une magnifique piaule ! avec armoire à glace et vue sur une grande avenue !
Le samedi le patron rentre de voyage, conversation très amicale ! Ca me change de d’avec mon bourru !!
Il assiste à un essayage et je ne le revois plus ! Est-ce bon signe ? Il repart le dimanche matin en auto conduire sa famille au bord de la mer pour un mois, pendant ce temps il partira tous les samedi et rentrera le mardi, cela n’est pas pour nous déplaire.
Dimanche ce vendeur, qui s’appelle M. Bauché, me fait visiter la ville. Le lundi et le mardi, aujourd’hui par conséquent, se passent sans accrocs, espérons que cela continuera, comme travail, je ne suis pas trop foulé car le petit accumulement de boulot était du au retard de mon arrivée. J’ai le temps de m’organiser et de prendre contact avec mes ouvriers, qui sont dans une bonne moyenne. J’en ferai quelque chose ! et je vois bien que de ce côté tout marchera bien.
Parlons un peu de la ville maintenant. Eh bien elle n’est pas mal du tout, (bien que je l’ai vue par un temps d’averse) très pitoresque avec ses femmes en bonnets et ses hommes aux grands chapeaux avec rubans de velours. Oh ! le velours, ce qu’il en est fait une débauche. Dimanche j’ai été voir une fête de faubourg où la campagne était largement représentée. C’était très curieux !! Mais ce qu’il y a de plus beau il paraît ce sont les excursions, et ma foi le flot de touriste qui se déverse ici en ce moment me paraît justifier ces dires. Nous les ferons !!! Pas ??
J’ai envoyé à Ninie et Fernand 2 cartes, où une croix marque l’emplacement du magasin, quand à la tienne elle représente la vue nous avons dudit magasin, tu vois que je ne suis pas trop malheureux, et si j’avais avec moi ma petite chérie mon bonheur serait complet. Mais patience cela viendra !! Comme conditions de travail bien que coupant dans le magasin je suis très bien, belle clarté, belle vue. De ce côté tout est pour le mieux.
En résumé très bonne impression sous tous les rapports, et je me sens revivre car chez [???] je ne vivais pas !
Ici on parle beaucoup de la guerre possible, il doit en être de même partout, espérons que ça se calmera et que la guigne ne me fera pas partir du bon coin que je crois enfin avoir trouvé.
Je ne te dis pas cela pour t’abandonner !! Et ne t’en fais pas trop de bile cela passera.
Quand à ma santé elle est merveilleuse, je fais 9 à 10h de sommeil, et à ce régime là je vais engraisser !! On ne me reconnaitra plus d’autant qu’il va falloir que je porte le costume breton ! c’est la mode, quand à toi tu porteras le petit bonnet avec rubans, tu sera tout plein gentille là dessous !!!
Allons ma chérie je vais te quitter pour aller me plonger dans les bras de Morphée, car je ne vois plus rien d’intéressant à te dire si ce n’est de dire bien des choses à Ninie et Fernand, et de bien les embrasser pour moi.
Quand à toi, c’est des tas de bécots que j’ai déposé dans cette lettre !! Prends les !
Dis bien le bonjour de ma part chez Ferdinand et à M. Georges et encore des bécots.
Ton petit mari qui t’aime bien bien !!

Albert L.

Ne fais pas attention aux fôtes j’écris comme ça vient !