Tranchées de vies – Ep. 12 : « Ministère de la Guerre »

Ce billet est le 12eme épisode de la série « Tranchées de vie ». Je vous invite à en lire la présentation.

30 août 1919

MINISTERE DE LA GUERRE
AVIS

des dispositions prises par l’Administration de la Guerre
pour faire déclarer le décès d’un militaire disparu

Le Brigadier S. Otto Alfred du 15e régiment de Chasseurs a été signalé comme ayant disparu le 29 septembre 1915 au combat devant Ste-Marie-à-Py Ouest de Souain Marne.
(…)
A Paris, le 30 août 1919

29 août 1924

REPUBLIQUE FRANCAISE

 

MEDAILLE MILITAIRE
15e Régiment de Chasseurs

Par arrêté ministériel du 15 mai 1924 rendu en application des décrets des 13 août 1914 et du 1er octovre 1918, publie au Journal Officiel du 4 juillet 1924, la Médaille Militaire a été attribuée à la mémoire du Brigadier S. Otto Alfred

MORT POUR LA FRANCE

Cavalier courageux et dévoué. Tombé glorieusement pour la France, le 29 septembre 1915, devant Souain, en se portant vaillamment à l’attaque des positions ennemies.
Croix de guerre avec étoile d’argent.
A Compiègne, le 29 août 1924
(…)

24 février 1928

REPUBLIQUE FRANCAISE

MEDAILLE MILITAIRE
227e Régiment d’Infanterie

Par arrêté ministériel du 19 octobre 1919 rendu en application des décrets des 13 août 1914 et du 1er octovre 1918, publie au Journal Officiel du 17 février 1920, la Médaille Militaire a été attribuée à la mémoire du Caporal S. François

MORT POUR LA FRANCE

Est tombé glorieusement, le 23 septembre 1918 à Kerklina, près Monastir (Serbie). A été cité.
A Dijon, le 24 février 1928
(…)

Notes complémentaires

Albert était brigadier dans le 267e Régiment d’Infanterie qui se forme à Soissons du 2 au 10 août 1914. Il comprend des éléments de l’armée active (du 67e RI) et des réservistes. Il compte deux bataillon (le 5 et le 6). Albert était vraisemblablement dans le 5eme.
Le 19 septembre, le régiment s’établit à l’est de La Neuville, face à la cote 100, dans des tranchées construites parallèlement à la berge du canal de la Marne à l’Aisne, et y reste jusqu’au 4 octobre.
Pendant cette période, il participe à deux attaques.
La première a lieu le 23 septembre, à 6h30. Le 5e bataillon progresse rapidement à la faveur du brouillard et atteint les tranchées allemandes à la
lisière des bois. Mais il en est rejeté et le brouillard, qui se dissipe, accentue les pertes. Le capitaine EVRARD , qui commande le bataillon, est blessé.

Franz était caporal du 227e Régiment d’Infanterie, engagé dans l’expédition de Salonique, et en particulier la bataille de Monastir-Doiran qui a réuni Français-Anglais-Italiens-Grecs 18 au 24 septembre 1918 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Salonique

Otto Alfred était cavalier du 15e Régiment de Chasseurs.

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Tranchées de vies – Ep. 11 : « Nous en pleurerons ensemble »

Ce billet est le 11eme épisode de la série « Tranchées de vie ». Je vous invite à en lire la présentation.

Bourges le 26 octobre 1918

Mes chers cousins.
Un malheur affreux vient de nous frapper.
En proie à la plus vive affliction – je viens vous annoncer la triste nouvelle dont je suis chargée – notre cher petit Frantz à été tuer le 23 septembre au cours d’un grand combat en Serbie.
Ce matin en arrivant de travailler je reçois une lettre d’un copain à mon petit Frantz m’annonçant cette triste nouvelle – et me priant de vous avertir ce qui m’est très pénible.
Soyez persuader mes chers cousins que j’ai perdu le soutien et le protecteur de ma vie – celui qui en partageait le fardeau avec moi – nous en pleurerons ensemble – vous un fils chéri et moi un petit ami adoré – que j’attendais depuis de longues années et qui maintenant ne me reviendras pas. Oh ! c’est cruel ! Notre amour était trop sincèr – Il a fallu que les bandits viennent troubler notre bonheur.
Bien des fois j’ai eût des occasions pour me marié ! Oh ! non ! Jamais ! je n’ai voulu ;
J’attendais confiante le coeur rempli d’espoir – le retour de mon petit Frantz à qui j’avais sacrifier ma vie entière.
Je ne puis essayer de vous consoler – puisque moi-même il m’en est impossible.
Je vais écrire au jeune homme qui ma fait part de cette triste nouvelle et lui demander des expliquations.
Faites moi je vous en prie une réponse de suite.
Croyez que je suis très peinée et que je partage bien sincèrement votre profonde affliction.
Je vous embrasse tous bien affectueusement.

Votre petite cousine.

Yvonne.

Bourges le 30-10-18

Mes chers cousins

J’accuse réception à votre lettre laquelle j’attendais avec impatience malgré que vous m’avez répondu immédiatement.
Mes chers cousins ils nous faut beaucoup de courage pour supporter les dures épreuves de la guerre.
Jamais un seul instant j’aurais songer que notre cher petit Frantz serait rester comme tant d’autres ! hélas ! ce n’est pas de rêve c’est la réalité.
Plus je cherche à croire cette mort moins je ne peux le croire. et pourtant c’est bien vrai. car moi qui avait des nouvelles presque tous les jours j’étais comme vous. 15 j. sans nouvelles. Je ne savais pas quoi penser – des idées noires me passaient dans la tête. Je pensais peut-être qu’il est malade mais jamais un seul instant j’ai penser qu’il était mort. enfin je suis très très peinée. Je sais qu’il était bon garçon. il y à longtemps que j’avais apprécié son caractère. aussi j’étais fier de lui. nous nous entendions très bien d’ailleurs nos caractères étaient l’un pour l’autre. jamais depuis 4 ans passés que nous nous connaissions j’avais porter les regards sur un autre c’était mon petit Frantz que j’attendais.
Et aujourd’hui lorsque j’arrive chez moi plus de lettres plus de gentilles paroles plus de bons conseils comme il m’en donner souvent – et je les suivait car ils étaient bons. Enfin, aujourd’hui c’est la vie.
La dernière lettre que j’ai reçue était également du 22 septembre. Je l’ai reçue le 8 octobre. Il me dit aussi qu’il m’enverrait la photo. et moi je lui est écrit le 23 en lui envoyant ma photo. mais hélas il n’aura pas eut le bonheur de la voir.
Le jeune homme qui m’a écrit est de Montluçon dans l’Allier voici son adresse Mr Maxime Normandon 227eme Infanterie 14eme compagnie, Secteur P.916
Mes chers cousins je suis très peinée et prend part à votre douleur
aussitôt que je saurais quelque chose je vous le dirais.
Bons baisers et bon courage. Je vous embrasse votre petite cousine.

Yvonne.

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Tranchées de vies – Ep. 10 : « Dans une tenue splendide »

Ce billet est le 10eme épisode de la série « Tranchées de vie ». Je vous invite à en lire la présentation.

Lundi 23 septembre 1918

A 5h15, l’Etat-Major porte son P.C. à 1317, à l’emplacement du P.C.du 4e 13eme, qui vient occuper les P.C.de Compagnie à Charton. L’absence des troupes à notre droite peut modifier à tout moment l’intensité de l’occupation des positions ennemies, et les patrouilles et reconnaissances harcèlent de plus en plus l’adversaire.
A 10h, le sous-lieutenant Siro et 3 hommes, faisant preuve d’une audace et d’un sang froid admirables, montent au [Mamelon 2 ?], réussissent à pénétrer dans la première ligne ennemie bouleversée, trouvent la 2e tranchée fortement occupée et peuvent néanmoins se replier après avoir accompli magnifiquement leur mission.
A chaque alerte, on peut voir les tranchées ennemies se garnir de leurs défenseurs ; enfin, le commandement veut en finir. A 16h05, après un bombardement un peu plus intense de la part de notre artillerie, les 13ons montent à l’assaut dans une tenue splendide sous un très violent tir de barrage d’obus, minenwerfer et mitrailleuses. Des éléments peuvent néanmoins atteindre les défsens ennemies. Un violent corps à corps à la grenade s’engage ; toute progression devient impossible. Les mitrailleuses adverses, du Piton Rocheux et de la Sprée, prennent de flan nos éléments. Le chef de Bataillon Aldebert commandant le 5e13on est tué, le Capitaine Adjudant-major Guitare, blessé très gravement par une torpille.
A 16h45, l’ordre arrive de faire replier les éléments avancés dès la tombée de la nuit, il est éxécuté sans incident. A 19 heures, chaque compagnie (?) reprend sa place et le service de surveillance fonctionne à nouveau. Toutes les tentatives sont faites pour ramener les derniers blessés pendant la nuit.
Le Lieutenant Coulon, de la 14ème compagnie est tué, les Lieutenant Bréchard, de la 5eCompagnie 11 (?), Bralerai de la 18e, Aunet de la 17e, Montssarat de la 15e, Ballereau de la 14e et Barassé de la 15e sont blessés.
L’opération est terminée et le P.C du Régiment est installé à Oder à son emplacement primitif, le Commandant Fèvre, Commandant le 4è (?) réinstalle son P.C. à 1317.
On saura quelques jours plus tard que le sacrifice demandé au Régiment a eu pour résultat de retenir une partie de l’armée bulgare, de mettre du désarroi dans sa retraite, de permettre de grossir considérablement le nombre des prisonniers et de contribuer ainsi, dans une large part, au grand succès final.
Le 227e est l’un des deux Régiments donnés en exemple dans l’Ordre Général N°012514 du 6 octobre 1918, du Général Commandant au Chef de l’A.F.O.
La nuit se passe en patrouilles offensives et à la recherche des blessés.

Journal des Marches et Opérations du 227eme Régiment d’Infanterie

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